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Expédition extrême à Madagascar : le chemin à travers le bush entre Moramanga et Mantasoa

Si vous aimez rouler à moto là où il n’y a pas de routes, Madagascar vous plaira sûrement. C’est un endroit où même une balade ordinaire peut devenir une véritable épreuve. L’un des itinéraires les plus sauvages et les plus intéressants passe entre les villes de Moramanga et Mantasoa. C’est un chemin pour ceux qui veulent voir la nature authentique de l’île en traversant des fourrés denses et de hautes herbes.

Début de la route et traversée en pirogues

Le voyage commence près de la petite ville de La Hovena. Au début tout semble assez simple : la route est large, rouler est facile, on peut observer les alentours tranquillement. Mais il ne faut pas se relâcher, car la route devient très vite étroite. L’aventure principale attend devant, lorsque vous arrivez au grand fleuve Mangoro.

Il n’y a pas de ponts ici, donc le seul moyen de passer sur l’autre rive est d’utiliser les pirogues locales. Ce sont des bateaux ordinaires taillés dans un seul arbre. Charger une moto lourde dans un bateau aussi étroit est une tâche compliquée. Il faut agir avec prudence pour ne pas renverser la pirogue et ne pas noyer la machine. Généralement les locaux aident pour une petite somme, mais vous devrez tout de même garder l’équilibre vous-même. Dès que vous serez sur l’autre rive, l’étape facile du chemin se termine.

Le principal obstacle : une montée difficile en montagne

Après le fleuve la route mène vers le bas de la vallée, puis commence une montée très raide sur la montagne. C’est ce que viennent chercher les amateurs d’extrême. Cette section est considérée comme l’une des plus difficiles de toute l’île. Si vous n’êtes pas sûr de vous à moto, ce sera très compliqué ici.

Les deux cents premiers mètres de montée sont constitués de trous et de pentes raides. Le problème principal est la terre. À Madagascar elle est très glissante. S’il a plu ne serait-ce qu’un peu le matin, monter sera presque impossible. Les roues patinent tout simplement et la moto glisse sur le côté. Dans ces cas-là il faut souvent attacher des cordes au cadre et tirer le bike soi-même.

Même quand la partie la plus raide se termine, cela ne devient pas plus facile. Le sentier longe le bord de la pente. Ici on ne peut pas se précipiter. Si la roue avant sort de la trace, vous risquez de dégringoler tout en bas de la vallée. Il faut rouler lentement et être prudent à chaque mètre du chemin.

La meilleure section pour rouler sur les collines

Quand vous arrivez enfin au sommet, à environ 700 mètres d’altitude, la meilleure partie du voyage commence. Un immense plateau s’ouvre devant vous, où les sentiers partent dans différentes directions. Ici vous pouvez accélérer un peu et profiter d’une conduite rapide. Beaucoup de ces routes mènent au lac Mantasoa, vous pouvez donc choisir celle qui vous plaît le plus.

Les paysages en haut sont fantastiques. Autour il y a des collines vertes éclatantes et de la terre rouge, et au loin on voit l’eau bleue du lac. Mais n’oubliez pas que vous n’êtes pas seul ici. Les habitants locaux marchent constamment sur ces sentiers, des cyclistes y circulent et des vaches y paissent, soyez donc prêt à freiner à temps.

Choix de la moto et préparation

Madagascar ne pardonne pas les erreurs de choix de machine. Si vous prenez un simple scooter de ville ou un gros bike de route, vous resterez coincé dès la première colline. Votre moto Madagascar la mettra certainement à rude épreuve, il vaut donc mieux choisir des modèles légers tout-terrain (enduro). Les options bon marché peuvent aussi vous lâcher au pire moment.

Quelques conseils utiles avant le départ :

  • Pneus : Il vaut mieux mettre uniquement des pneus neufs avec de gros crampons. Sans eux il est presque impossible de rouler sur l’argile mouillée.
  • Essence : Étonnamment, trouver du carburant n’est pas si difficile. Dans chaque petit village il y a des boutiques où l’essence est vendue simplement dans des bouteilles en plastique. Il suffit de demander aux locaux, ils vous indiqueront toujours où vous pouvez faire le plein.
  • Cordes : Prenez avec vous un câble solide ou une corde. Elle sera forcément utile pour sortir la moto de la boue ou dans les montées raides.
  • Pièces de rechange : Prenez des leviers d’embrayage et de frein, car ce sont les premiers à casser lors des chutes.

Repos après la route

Après une dure journée dans la boue et la poussière, on peut trouver « Le Chalet Suisse » sur la rive du lac Mantasoa. Vous êtes au milieu de l’Afrique, mais vous pouvez commander une fondue au fromage chaude ou une raclette.

Le fromage pour ces plats est fabriqué non loin, dans la ville d’Antsirabe. Des artisans y vivent et ont appris à faire du fromage selon des recettes européennes, mais avec du lait local. C’est la meilleure façon de terminer une journée si difficile : s’asseoir au bord du lac, manger un bon plat chaud et se souvenir de toutes les aventures de la journée.

Le retour

Il faudra revenir à Moramanga par le même chemin. La descente de la montagne sera également difficile. Il faudra constamment travailler avec les freins et veiller à ce que la moto ne dérape pas sur les herbes glissantes. Au total toute la route dans un sens fait environ 100 kilomètres. Mais à cause des sections difficiles vous mettrez au moins 5-6 heures pour faire ces cent kilomètres, et s’il pleut cela prendra toute la journée.

Le voyage de Moramanga à Mantasoa est une chance de se tester, de voir l’île sans artifices et de comprendre de quoi vous êtes capable. C’est du drive et des émotions incroyables que l’on n’obtient dans aucun tour classique. Quiconque surmonte cette montée et traverse le Mangoro en pirogue reviendra chez lui en étant une personne totalement différente avec un tas d’histoires intéressantes.

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